Mieux vivre

Du neuf dans la restauration solidaire

Chaque année, un tiers des aliments produits sur la planète finit à la poubelle. Alors qu’au même moment, 795 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Devant ces chiffres alarmants, des professionnels de la restauration ont décidé de réagir. Objectif : limiter le gaspillage alimentaire et favoriser l’accès à une alimentation saine.

Des frigos du village olympique aux assiettes des sans-abris

Que faire des restes des repas des 18 000 habitants du village olympique de Rio ? Voilà la question que s’est posé le chef étoilé italien Massimo Bottura avant le lancement des JO cet été. Et la réponse s’est concrétisée en plein centre de Rio: Refettorio Gastromotiva.

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Dans ce restaurant éphémère, des chefs bénévoles venus du monde entier ont cuisiné des plats à partir d’ingrédients non utilisés dans les cuisines du village olympique, qui auraient fini à la poubelle. Les entrées, plats et desserts produits ont donc pu être servis chaque soir gratuitement à une centaine de sans-abris. « Ce n’est pas juste de l’humanitaire et ce n’est pas juste nourrir des gens. C’est faire de l’intégration sociale, c’est éduquer les gens au gaspillage alimentaire et donner de l’espoir à ceux qui n’en ont plus », résume Massimo Bottura.

Un foodtruck pour les réfugiés

Au camp de réfugiés de Grande-Synthe, dans le nord de la France, un food-truck pas tout à fait comme les autres s’est installé pendant trois semaines cet été.

Créée par 10 femmes, dont 4 chefs cuisinières, cette cuisine mobile, baptisée le « Récho » (Refuge, chaleur, optimisme), s’est donné pour objectif de « ramener de la vie » dans les camps. A l’intérieur, l’équipe y a cuisiné de bons petits plats à partir d’invendus de supermarchés, pour les migrants. Ces derniers ont également été mis à contribution car ils ont participé à l’élaboration des quelques 400 repas fabriqués chaque jour.

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Par définition mobile, le food-truck du Récho va poser ses fourneaux dans les prochaines semaines dans d’autres camps de réfugiés en Belgique, en Allemagne et en Angleterre.

L’addition solidaire

Consommer un repas tout en finançant celui d’un autre. Voilà l’idée ingénieuse de l’association Ernest, qui a instauré un « pourmanger » dans 80 restaurants partenaires à Paris ainsi qu’à Toulouse. Le principe est simple : au moment de régler l’addition, celle-ci est majorée de quelques centimes, au maximum 0,50 €. Cette somme part ensuite dans les caisses des associations d’aide alimentaire. Celles-ci opèrent toujours à proximité des restaurants, dans le même quartier ou dans la même ville.

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Et les clients donateurs peuvent à tout moment suivre l’évolution de la campagne de levée de fonds à laquelle ils ont contribué. Créée en 2013, l’association propose en plus depuis un an un programme baptisé « Restaurer ». Deux fois par trimestre, les bénévoles de l’association viennent cuisiner à partir d’invendus dans les locaux des associations d’aide ou de distribution alimentaire. Une nouvelle initiative anti-gaspi et délibérément solidaire.

Mêmes menus, prix distincts

A Los Angeles, la nouvelle chaîne de restauration Everytable s’est donnée pour mission de proposer des menus sains à emporter et accessibles à tous les budgets. Comment ? En proposant les mêmes produits à des tarifs différenciés selon les quartiers où ses restaurants sont implantés.

Ainsi, le prix d’un même plat peut varier du simple au double, suivant où il est consommé : 4 $ en moyenne dans le premier restaurant ouvert dans un secteur populaire du sud de la ville, contre 8 $ dans un autre qui va ouvrir ses portes dans un quartier du centre, plus favorisé.

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« Chaque restaurant a été pensé pour être adapté à son public, explique David Foster, co-fondateur du lieu. Avec des plats à 4 $, on ne fait pas beaucoup d’argent pour chaque plat vendu. Mais si nous avons suffisamment de clients, cela deviendra rentable. »

 

 

 

 

 

 

 

 

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