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Eco-Baba, l’homme qui nettoyait les rivières

Face à la tragique pollution de la rivière Kali Bein dans sa région du Penjab indien, Sant Balbir Singh Seechewal a réussi à mobiliser toute une communauté pour faire nettoyer le cours d’eau sur pas moins de 160 km.

Une situation critique

Il y a 16 ans, la rivière Kali Bein était devenue un vaste dépotoir, un égout à ciel ouvert. On y retrouvait les déchets des habitants et des produits chimiques utilisés par les industriels environnants. En pénétrant les sols, cette pollution provoquait non seulement des maladies graves chez les habitants, mais nuisait aussi à la productivité agricole. Une situation critique et qui menaçait de s’empirer : le ruisseau était frappé d’assèchement. Un triste symbole pour la communauté sikh locale, pour laquelle l’eau est sacrée et source de vie.

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C’est justement l’un d’entre eux qui a décidé de réagir, en 2000. Sant Balbir Singh Seechewal, plus connu sous son pseudo Eco Baba en raison de son engagement écologique, s’est lancé dans un chantier herculéen : nettoyer les 160 km de la rivière.

Ensemble, ils ont nettoyé de fond en comble le lit de la rivière, pour le débarrasser de la vase, des détritus et des plantes invasives.

Pour atteindre son objectif, l’homme a mobilisé des volontaires d’une vingtaine de villages environnants. Ensemble, ils ont nettoyé de fond en comble le lit de la rivière, pour le débarrasser de la vase, des détritus et des plantes invasives. Le collectif a aussi embelli les abords de la rivière, en y plantant des arbres fruitiers et des fleurs, mais aussi en construisant un chemin de promenade.

Des solutions astucieuses inspirées par la tradition

Pour gérer les eaux usées, Eco Baba a également développé un modèle d’égout souterrain à bas coût. Le système récupère ces eaux et les filtre de manière naturelle, de telle sorte qu’elles puissent être réutilisées pour irriguer les parcelles agricoles avoisinantes.

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En parallèle de cette opération de nettoyage gigantesque, Eco Baba s’est aussi attelé à un autre chantier : faire changer les mentalités. Avec son équipe, il a mené une campagne de sensibilisation et d’éducation dans la région pour inciter les habitants à ne plus jeter leurs ordures dans la rivière et à remettre en pratique des méthodes traditionnelles de gestion des déchets.

Le gouvernement indien a d’ailleurs sollicité l’expertise d’Eco Baba sur un autre sujet similaire : le nettoyage du Gange.

Le bilan de l’opération est sans appel : le Kali Bein revit. La rivière se remplit à nouveau. La faune et la flore locales sont réapparues. Pour préserver la biodiversité, la pêche y a été interdite. Les familles se rendent aux abords pour pique-niquer et des bains rituels s’y déroulent lors des festivités religieuses, où l’eau est parfois bue directement dans la rivière.

Une réussite réplicable

Cette réussite n’est pas passée inaperçue des pouvoirs publics. Le gouvernement indien a d’ailleurs sollicité l’expertise d’Eco Baba sur un autre sujet similaire : le nettoyage du Gange, l’un des fleuves les plus pollués du monde.

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Pour l’homme sikh, le combat continue. En parallèle de son engagement environnemental, il a créé plusieurs écoles et universités. Un moyen pour lui de lutter contre l’ignorance, l’extrême pauvreté mais aussi pour l’égalité des sexes.

Mais Eco Baba reste attaché à la défense des cours d’eau. Dans sa ligne de mire : les tanneries et autres usines qui rejettent des produits chimiques dans les rivières indiennes. « Nous avons prouvé qu’il est possible de rendre à nos rivières leur pureté si nous nous réunissons, a-t-il déclaré dans une interview au Time. Il est temps de le faire à une plus large échelle. »

 

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