Mieux manger

Fermes d’Avenir Tour : à quoi ressemble l’agroécologie de demain ?

Créée en 2013, l’association Fermes d’Avenir fait la promotion de la permaculture et de l’agroécologie en tant qu’alternative “réaliste et viable” au modèle d’agriculture industrielle. Parmi la ribambelle d’actions, de formations et d’activités qu’elle met en place chaque année, en 2017, on compte pour la toute première fois une tournée “dédiée à l’agroécologie” : le Fermes d’Avenir Tour. Pendant 3 mois, cet été, 220 fermes ont été visitées lors d’étapes de trois jours ponctuées d’événements culturels et de conférences. Alors que le Tour vient de s’achever, nous avons rencontré le fondateur de l’association, Maxime de Rostolan.

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Comment est né le Fermes d’Avenir Tour (FAT) ?

Fermes d’Avenir est une association qui a plusieurs cordes à son arc. Elle a pour vocation de sensibiliser entre autres à l’agroécologie, au « bien-consommer » et à l’alimentation bio locale de saison pour tous. Le FAT est né après que l’association s’est rendu compte que le grand public n’avait pas nécessairement un panorama clair et exhaustif de ce qui se faisait aujourd’hui. Le FAT est une manière de mettre en avant toutes ces initiatives : nous avons pris le parti d’en faire un festival qui réunit la culture et l’agriculture, les loisirs et la réflexion. Pendant trois mois, nous sommes allés à la rencontre des pionniers de l’agroécologie sur les territoires français. Il y a eu près de 270 visites de fermes pendant le tour, réunissant des experts et des artistes. Ce projet, aidé par 500 bénévoles, a rassemblé 15 000 personnes. Ce fut une grande réussite d’un point de vue humain et exploratoire.

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Est-ce que le FAT est né dans un souci d’attirer de nouveaux publics à la cause de l’agriculture responsable ?

En réalité, le FAT est plutôt la conséquence de l’engouement dont nous sommes les heureuses victimes. On constate en effet qu’il y a énormément de gens qui s’intéressent à ces sujets-là et qui ont envie d’en savoir plus, voire qui réfléchissent eux-mêmes à changer de vie et même à passer à un travail de la terre. Donc le FAT s’est fait en partie pour répondre à leurs besoins. Et les retours que l’on a sont d’ailleurs très positifs. En parallèle effectivement, le FAT nous a permis de toucher de nouveaux publics : des publics qui n’avaient pas forcément cette sensibilité-là et qui nous découvrent par les articles dont nous sommes l’objet dans la presse locale et nationale.

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Est-ce que le FAT est une opération qui participe à rendre « cool » la permaculture et les agricultures bios et locales ?

Cela permet de rendre ces types d’agricultures intéressantes et désirables. Mais aussi de montrer que le FAT peut être une étape pendant les vacances : pas besoin de partir loin en avion, il y a des projets et des territoires en France qui méritent le déplacement et l’engagement. Le FAT ambitionne de faire découvrir l’agroécologie de manière ludique.

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Le Ministre de l’Écologie Nicolas Hulot s’est rendu sur l’une des étapes du tour le 29 août 2017. Qu’est-ce que la présence de cet invité de marque a permis ?

Sa présence permet d’affirmer que c’est bien ce monde que l’on souhaite. Nous lui avons donné lors de sa visite les arguments nécessaires pour montrer que la ferme visitée, La Vieux-Ville près de Rennes, est un exemple à suivre pour ce qui est de l’agriculture en France. Le deuxième objectif pour nous, c’est de faire en sorte que les politiques s’emparent de cette question et la portent dans les débats nationaux. C’est pour cela que le FAT essaie de faire des ponts avec le ministère de l’Écologie et celui de l’Agriculture. Car c’est une nécessité pour passer à la vitesse supérieure. Le tour a montré que les citoyens s’emparaient des problématiques de mieux manger et étaient très sensibles aux meilleures pratiques agricoles, que les territoires abritent ces dynamiques ; maintenant pour changer d’échelle, il faut qu’élus et gouvernement prennent le sujet à bras-le-corps.

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Enfin, quel est votre meilleur souvenir du tour 2017 ?

Une des bonnes surprises c’est d’avoir vu que des gens qui n’ont pas l’habitude de se parler se rencontrent et vont visiter les fermes ensemble. Je pense notamment à une étape dans le Béarn, à Orion, où il y avait des représentants de la FNSEA, de la Confédération Paysanne, de la grande distribution, autrement dit, des personnes qui habitent sur le même territoire et qui ne s’étaient jamais rencontrées. Brasser ces gens-là comme mélanger un Pierre Rahbi et le groupe de musique La Chanson du Dimanche, c’est une des forces de cet événement.

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