Mieux produire

La bioéconomie va-t-elle changer le monde ?

Mettre l’accent sur la biomasse, respectueuse des écosystèmes, pour répondre aux besoins alimentaires et non alimentaires. C’est l’enjeu énergétique des prochaines années.

Fin avril, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, proposait un « plan d’actions » autour de la bioéconomie. Six axes stratégiques ont été déclinés pour faire progresser rapidement ce secteur présenté comme essentiel.


Mais qu’est-ce que la bioéconomie ? Du grec bíos, la « vie », la bioéconomie est l’économie du vivant. Pourquoi est-ce essentiel ? Parce qu’aujourd’hui, l’humanité est confrontée à un triple problème : le changement climatique, la diminution des matières premières (dont les énergies fossiles), et l’augmentation de la population mondiale (il y aura bientôt 9 milliards d’humains sur terre).

Une définition qui évolue

Le terme bioéconomie aurait vu le jour sous la plume d’un biologiste russe dans les années 1920. Avec les travaux de Nicholas Georgescu-Roegen, au milieu des années 1970, c’est toute une théorie qui se développe : selon le mathématicien et économiste, l’activité économique serait une continuation de l’activité biologique humaine.

Ses ouvrages, notamment The Entropy law and the economic process, ont inspiré les théoriciens de la décroissance. Nicholas Georgescu-Roegen précise par exemple que les processus économiques ne peuvent indéfiniment s’accroître dans un monde où les matières premières sont limitées.

Aujourd’hui encore, la bioéconomie peine à jouir d’une définition claire et partagée par tous. Il faut par exemple attendre 2009 pour que l’OCDE donne une première définition de la bioéconomie. Dans son document La bioéconomie à l’horizon 2030, l’OCDE imagine « un monde déterminé par la combinaison entre biologie et technologie ».

Il s’agit donc d’utiliser la biomasse forestière, agricole, marine, ainsi que les biodéchets pour produire du carburant, des denrées alimentaires, des matériaux ou des biomolécules.

Concrètement, la bioéconomie, c’est le fait de recourir à la biomasse comme matière première pour fabriquer une variété de produits dans l’industrie de la chimie, de l’énergie, de l’alimentation ou des matériaux. Dans le code de l’énergie (2011), la biomasse est décrite comme « la fraction biodégradable des produits, déchets et résidus provenant de l’agriculture, y compris les substances végétales et animales issues de la terre et de la mer, de la sylviculture et des industries connexes, ainsi que la fraction biodégradable des déchets industriels et ménagers ».

Produire grâce aux déchets

Avec la bioéconomie, il s’agit donc d’utiliser la biomasse forestière, agricole, marine, ainsi que les biodéchets pour produire du carburant, des denrées alimentaires, des matériaux ou des biomolécules. Le ministère de l’Agriculture précise que la bioéconomie « représente des opportunités pour nos exploitations agricoles et forestières, elle permet d’augmenter la compétitivité de nos industries tout en apportant des solutions durables aux défis environnementaux et sociétaux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés ».

Bioéconomie ministère agri

La méthanisation par exemple, est la dégradation des matières organiques par manque d’oxygène. Ce processus permet la création de biogaz d’une part, qui peut être transformé en électricité ou en biométhane, et de digestat d’autre part, qui peut être utilisé comme fertilisant. L’entreprise AgriBioMéthane utilise par exemple les lisiers et fumiers de plusieurs exploitations ainsi que les déchets issus de l’agroalimentaire pour les transformer en biométhane qui est distribué sous forme de gaz par GrDF.

bioZA-au-travail

En France 1,9 million de personnes travailleraient actuellement dans la bioéconomie, selon les derniers chiffres du ministère, qui, avec la mise en place de ce plan stratégique a tenu à présenter plusieurs acteurs du secteur, dont Roquette. Ce groupe transforme des ressources naturelles renouvelables, telles que le maïs, le blé, ou la pomme de terre, en de très nombreux produits utilisables dans l’alimentaire, notamment pour les compléments alimentaires, et dans l’industrie chimique verte, en substitut de la pétrochimie. Un exemple pour montrer qu’une même entreprise peut à la fois réutiliser des matières premières, chercher des solutions pour moins polluer et nourrir la planète.

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