Mieux produire

La blockchain annonce-t-elle une nouvelle révolution alimentaire ?

La première révolution agricole a vu passer l’humanité de la chasse et de la cueillette à l’agriculture sédentaire. Une deuxième révolution alimentaire a permis, grâce aux machines, de produire en quantités industrielles. Bientôt, la blockchain pourrait nous faire entrer dans une troisième révolution : l’âge agro-communautaire.

La crise de la vache folle, la disparition de 75 % de la biodiversité, la pollution des sols et de l’eau remettent en question le modèle agro-industriel. Les consommateurs ont envie de plus d’authenticité. Ils souhaitent connaître l’origine des produits, la manière dont ils ont été cultivés et confectionnés, et leur valeur nutritionnelle. Mais comment savoir qu’un produit bio ne contient aucun pesticide ? Comment savoir que la viande de son plat préparé est bel et bien du bœuf et non du cheval ?

Une mauvaise diffusion de l’information, voire une falsification de l’information, ne seront bientôt plus possible.

Comment éviter une nouvelle affaire de la vache folle ? Les problèmes de traçabilité ont été au cœur des derniers scandales alimentaires. Une mauvaise diffusion de l’information, voire une falsification de l’information, ne seront bientôt plus possible. Comment ? En rapprochant producteurs et consommateurs, et en utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Parmi elles, la Blockchain.

Selon l’économiste Jérémy Rifkin, nous serions en train d’entrer dans une « troisième révolution industrielle ». De quoi s’agit-il ? D’un âge agro-communautaire composé de producteurs locaux et de « hubs » de distribution indépendants, mais connectés les uns aux autres. L’objectif : échanger facilement les savoirs, les méthodes et les biens.

La blockchain à la rescousse

La blockchain pourrait bien être l’outil permettant d’entrer dans cet âge agro-communautaire. Déjà qu’est-ce que la blockchain ? Il s’agit d’une technologie de stockage et de transmission de l’information. Elle est sécurisée et transparente. En effet, c’est une base de données qui accumule tous les échanges effectués par les utilisateurs depuis sa création. Les utilisateurs ont tous accès à la base de données et peuvent donc vérifier la validité de la chaîne.

Avec un tel système, le produit sera vendu au prix le plus juste pour le consommateur et au tarif le plus avantageux pour le producteur.

La toute première blockchain est apparue en 2008, avec la monnaie numérique bitcoin. Le bitcoin est une monnaie cryptographique, une monnaie électronique. Elle fonctionne de pair à pair, c’est-à-dire qu’elle permet le transfert de fichiers entre particuliers. Plus besoin de banque ou de système centralisé. Les échanges se font directement et de manière transparente entre le vendeur, ici le producteur, et le client, ici le consommateur. Et c’est justement la monnaie virtuelle qui peut être utilisée par les agriculteurs. Par exemple, avec Farmshare, les consommateurs peuvent acheter des produits près de chez eux en monnaie numérique sur la blockchain. Un réel avantage pour les producteurs qui n’auront ainsi plus à passer par différents intermédiaires avant d’atteindre le consommateur. Avec un tel système, le produit sera vendu au prix le plus juste pour le consommateur et au tarif le plus avantageux pour le producteur.

Farmshare

D’autres start-up explorent les potentialités de la blockchain pour tracer les aliments. Provenance.org suit les poissons par exemple, du bateau de pêche jusqu’à l’assiette grâce à un système de capteurs de codes RFID. De son côté, l’entreprise Filament mesure la qualité des cultures. Une entreprise qui souhaite ne plus utiliser d’aliments contenant des antibiotiques et des pesticides pourra, grâce à la blockchain, le vérifier et le prouver aux consommateurs. Un bon moyen de restaurer la confiance des clients.

 

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Crédit : Wormwool/Flickr CC

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