Mieux produire

La rotation des cultures : une agriculture du bon sens

En agriculture, on a longtemps pensé que modernisation rimait avec monoculture, ou l’exploitation d’une seule variété cultivée sur une même parcelle. Cependant avec le temps, la détérioration des rendements de ce mode de culture a amené à penser différemment. Et si la rotation des cultures était le meilleur moyen d’obtenir des productions en grande quantité et de meilleure qualité, tout en respectant l’environnement ?

Alterner types de cultures et périodes de jachère[1] dans un cycle régulier, planifié et étudié. C’est la rotation des cultures, ou rotation culturale. Cette méthode ancestrale consiste à partager sa propriété en plusieurs parcelles et changer tous les ans la production de chaque champ dans un circuit prédéfini. Par exemple, la première année l’ail est cultivé dans le champ n°1, les pommes de terre dans le champ n°2, les endives dans le n°3, et le maïs dans le n° 4. L’année suivante, l’ail passe dans le champ n°2, les pommes de terre dans le 3, et ainsi de suite.

Ainsi, la pomme de terre reviendra tous les quatre ans sur le même champ. Sur une même parcelle cela permet de reposer la terre, une période de jachère étant régulièrement introduite dans le cycle, et de limiter le développement de parasites. En effet, certaines cultures attirent certains parasites. Changer de culture sur un même champ évite donc à un parasite de s’implanter. Les bénéfices sont multiples : un sol reposé offre des rendements plus importants et des produits de meilleure qualité ; une alternance des cultures, entre céréales et légumes par exemple, évite l’utilisation excessive d’intrants (engrais, produits phytosanitaires…) car chaque plante a ses propres besoins et ses propres problèmes. Varier est un véritable obstacle à la routine et à l’installation de parasites sur le long terme.

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Gérard Tropato est agronome chez McCain. Son travail consiste à étudier les différentes variétés de pomme de terre, afin de dénicher celles qui permettront de faire les meilleures frites tout en ayant un faible impact sur l’environnement. Il conseille également les agriculteurs sur les variétés de pomme de terre à utiliser selon les sols et en fonction des besoins. Selon lui, « la rotation des cultures est essentielle. » Gérard Tropato donne l’exemple d’un producteur qui aurait 100 hectares. « Nous lui conseillons de consacrer 25 % à la pomme de terre et d’avoir entre quatre et six cultures différentes au total sur sa propriété. »

Une terre qui accueille des cultures différentes chaque année sera plus riche. La pomme de terre grossira mieux et plus.

Selon l’agronome, les agriculteurs sont aujourd’hui bien informés et connaissent les bienfaits de la rotation des cultures. Mais cela n’a pas toujours été le cas : avec le développement des engrais et des produits phytosanitaires, les producteurs terriens se sont tournés vers la monoculture. Si la monoculture a été pendant un temps un signe de modernité, elle a rapidement été décriée. « Les agriculteurs d’aujourd’hui ont vu leurs parents expérimenter des rotations plus courtes, voire tenter la monoculture. Ils ont donc assisté à la baisse des rendements et la diminution de la qualité des productions », indique Gérard Tropato.

La rotation des cultures reste cependant un élément de gestion de la parcelle agricole. De ce fait, elle doit être accompagnée de bonnes habitudes, telles que la gestion des repousses ainsi que celle des déchets.

Il souligne : « Une terre qui accueille des cultures différentes chaque année sera plus riche. La pomme de terre grossira mieux et plus. » Pour l’agronome, la rotation des cultures ne peut cependant être efficace seule. »La rotation des cultures reste cependant un élément de gestion de la parcelle agricole. De ce fait, elle doit être accompagnée de bonnes habitudes, telles que la gestion des repousses ainsi que celle des déchets. Selon la variété, il ne faut pas oublier de prendre en compte le type de sol ainsi que le climat pour avoir une plante saine. »

[1]           Pratique agricole consistant à maintenir inutilisée pendant une certaine période une surface agricole pour lui permettre de reconstituer ses réserves en eau, sa capacité de production, etc.

 

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