Mieux vivre

L’empowerment des femmes : levier du développement en Afrique

Le développement économique de l’Afrique passera par une plus grande intégration des femmes dans le monde agricole. C’est ce que résume un rapport de la FAO publié en 2016 qui étudie la place des femmes dans l’agriculture. En effet, d’après les calculs de l’organisme international, si les femmes jouissaient des mêmes ressources productives que les hommes, elles seraient en mesure d’accroître les rendements des exploitations agricoles de 20 à 30%.

L’agriculture, premier employeur des femmes

Selon une récente étude de la BAD (Banque Africaine pour le Développement), 25 % du PIB de l’Afrique provient de l’agriculture, la moitié de la main d’œuvre du secteur étant composée de femmes en Afrique subsaharienne. Plus parlant encore, à l’échelle du continent, 62% des femmes actives sont employées dans des exploitations agricoles. Au Rwanda, au Burkina Faso et au Malawi, elles sont même plus de 90 % à vivre du secteur.

Le manque de formation des femmes affecte leur productivité et entrave leur pleine intégration dans l’économie agricole.

Or, si les femmes sont très présentes dans l’industrie, elles n’y sont pas sur un pied d’égalité avec les hommes. Ainsi, en Côte d’Ivoire, bien que la production de cacao fasse travailler 68 % de femmes, ces dernières ne perçoivent que 21 % des revenus générés. Même bilan en Éthiopie où la culture du café mobilise une main d’oeuvre à 75% féminine qui ne touche au final que 34 % des bénéfices.

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La propriété foncière en cause

La raison majeure de cette différence de distribution des revenus est liée à la propriété foncière. Cité sur le site de la radio Radio France Internationale, Tacko Ndiaye, spécialiste des questions du genre, de l’égalité et du développement rural à la FAO, explique : “Au Mali, la propriété foncière revient aux hommes pour 86,7% des cas. Et on sait que la terre n’est pas qu’un moyen de production important. C’est aussi une garantie pour l’accès au crédit.” Par ailleurs comme  l’indique la BAD, le manque de formation des femmes ajoute au déséquilibre : “cela affecte leur productivité et entrave leur pleine intégration dans l’économie agricole.”

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Les femmes, gardiennes de leurs communauté

Or, la contribution des femmes pourrait être un véritable levier de développement si elles avaient un accès égal aux ressources et à ces services de base (terre, crédit, formation). Pourquoi ? Car comme le note le rapport de la FAO, “les femmes réinvestissent jusqu’à 90% de leurs revenus dans leurs foyers (nutrition, alimentation, santé, école et activités génératrices de revenus) […], contrairement aux hommes.” Cette particularité de genre aiderait ainsi à briser le cycle de la pauvreté intergénérationnelle. Si plus de moyens politiques et économiques étaient investis pour mieux accompagner les femmes africaines, leurs communauté locales en bénéficieraient aussi. Le rapport conclut : “Si les agricultrices jouissaient du même accès aux ressources que les hommes, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde pourrait diminuer de 150 millions grâce aux gains de productivité.” Agir pour l’empowerment des femmes en Afrique, c’est agir pour renforcer et développer les communautés locales et tout un continent.

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Photo by 煜翔 肖 on Unsplash

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