Mieux vivre

Les promesses de la cuisine « good mood »

On dit que les carottes rendent aimable, mais certains aliments pourraient même rendre heureux.

Au Mexique, du temps du roi aztèque Moctezuma, le cacao mélangé avec du sucre, du piment et de l’eau, était considéré comme la boisson des dieux, mais aussi un comme un aphrodisiaque capable d’augmenter l’endurance du roi.

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En Europe, au Moyen Âge, on conseillait la laitue et la chicorée comme tranquillisants.Si on avait un petit coup de mou, on se ruait alors sur le sureau et les dattes. Cela faisait alors déjà un bon moment qu’Hippocrate (460-377 av. J.-C.) avait suggéré que la nourriture avait des pouvoirs thérapeutiques. Aujourd’hui, l’intérêt des sociétés occidentales pour le bien-être d’une part, et la recherche d’une plus grande authenticité dans l’alimentation de l’autre, ont réactivé l’intérêt pour les vertus thérapeutiques de certains aliments.

Manger à s’en rendre heureux

On voit ainsi fleurir les livres de recettes “feel food” ou “good mood” en réponse à la quête d’ingrédients qui nous feront nous sentir bien dans notre peau et surtout bien dans notre tête.

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Le livre Eat Yourself Happy (“Mangez à vous en rendre heureux”, pourrait-on traduire), paru en 2014, ne promet rien de moins que ça : des listes d’aliments et des recettes qui aident à soulager la dépression. Les bons ingrédients sont ceux qui “synthétisent des réserves suffisantes de neurotransmetteurs, résolvent les déficiences en vitamines et minéraux et stabilisent le taux de sucre dans le sang.” À l’inverse, on proscrit les sucres rapides et l’alcool, qui “feront empirer la dépression.” Comme l’écrit la nutritionniste Elizabeth Somer, auteure du livre Eat Your Way to Happiness, dans le Huffington Post, “je ne peux pas vous dire combien de fois des gens ont suivi mes conseils en alimentation ‘feel-good’ et m’ont dit, ‘Je ne savais pas que je pouvais me sentir si bien !’. Et je ne parle pas de bonbons au beurre de cacahuète, mais d’aliments dont la science a montré qu’ils modifiaient positivement la chimie du cerveau.” Mais quels sont donc ces aliments magiques ?

Vive les féculents, à bas le sucre

Rien que de très classique, en réalité. Ainsi, le sucre et le gras aident à faire face au stress et aux coups de mou. Sauf que sur le long terme, trop de sucre favorise la dépression et la fatigue chronique.

© Photo by Kyle Head on Unsplash

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La solution, c’est de manger plus de sucres complexes, que l’on trouve dans les féculents et les céréales. Autre élément important, les acides gras oméga 3, très présents dans les poissons gras et les algues, et qui semblent parés de toutes les vertus: “Les personnes qui consomment beaucoup d’oméga 3 ont une incidence bien plus faible de dépression, agressivité et hostilité, explique Elizabeth Somer. Les études montrent une réduction de 50% de la dépression chez ceux qui sont les plus difficiles à traiter, et même une amélioration du bien-être pour ceux qui font face à des coups de blues.” Amanda Geary, auteure du Food and Mood Handbook, recommande dans The Independent de choisir des ingrédients riches en tryptophan, un acide aminé d’où provient la sérotonine, l’“hormone du bonheur” : haricots, pommes de terre, noix, graines et céréales en sont pleins. Parmi les autres ingrédients good mood, on peut citer la camomille, qui aide à se détendre en cas de stress, ou le gingembre, qui participe à un bon fonctionnement cérébral et à la bonne humeur. Dernier conseil : manger régulièrement. “Faire un régime, sauter des repas ou manger irrégulièrement font baisser le taux de sucre dans le sang, avec des symptômes tels que la faiblesse, l’irritabilité et la fatigue”, rappelle Elizabeth Somer.

©Kelsey Chance - Unsplash

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Mieux manger pour mieux vivre ensemble

Au final, rien de tout ça n’est anodin, pas plus que ça ne devrait être réservé à des populations aisées qui ont le temps et les moyens de se préoccuper de leur bien-être alimentaire. Comme l’explique Amanda Geary, les comportements criminels peuvent aussi être influencés par l’alimentation : “il y a un certain nombre de preuves que la criminalité est affectée par le régime alimentaire, et des expériences ont été menées sur des détenus”, qui ont montré une baisse des infractions aux règles de la prison quand les régimes alimentaires ont été modifiés. Pour un vivre-ensemble plus serein, mangez mieux!

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