Mieux vivre

Massimo Bottura, un chef étoilé qui s’engage

Propriétaire d’un trois étoiles (L’Osteria Francescana) à Modène, le grand chef italien Massimo Bottura ambitionne de créer des “refettorio” (ou des soupes populaires pour les plus démunis) à Paris et dans les villes du monde entier.

Donner l’exemple en matière de gaspillage

Son restaurant a été élu meilleure table du monde en 2016, et pourtant cela n’empêche pas Massimo Bottura d’oeuvrer pour celles et ceux qui ne pourront s’offrir un repas à plus de 600 euros. L’histoire commence en 2015, pour l’exposition universelle de Milan consacrée à l’alimentation. Comme le rapporte alors Le Figaro, choqué par le rapport de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) sur le gaspillage alimentaire (1,3 milliard de tonnes de nourriture jetées chaque année)”, Massimo Bottura “veut donner l’exemple en cuisinant les surplus de cette grande foire internationale.”

Refettorio Ambrosiano

Refettorio Ambrosiano Crédits : Marina Moioli

Pendant cinq mois, ce sont donc quinze tonnes de nourriture destinées à être jetées qui ont été cuisinées par le chef et ses amis (Alex Atala, Alain Ducasse, Nadia Santini entre autres) dans un lieu aménagé par des designers, architectes et artistes : le Refettorio Ambrosiano. Géré par l’association Caritas Ambrosiana, une fondation catholique qui vient en aide aux plus démunis, le restaurant sert 96 repas à midi pour des étudiants et 96 le soir aux plus pauvres. À la fin de l’exposition, le restaurant s’est mué en cuisine associative et centre culturel pour la communauté.

Crédits : Angelo Dalbo

Crédits : Angelo Dalbo

Des soupes populaires modernes et éphémères

Depuis, le chef et sa femme ont créé une fondation appelée “Food for soul”, qui a pour but de gérer la création de ces refettorios, sortes de soupes populaires modernes éphémères. Rio en a accueilli un au moment des Jeux olympiques d’été, Londres un autre en juillet 2017 pendant le London Food Month. Dans une interview récente au Figaro, le chef confiait sa volonté de voir ce concept implanté à Paris, en comptant “sur le soutien de la Mairie de Paris”, et ailleurs. J’aimerais ouvrir un ‘refettorio’ au Burkina Faso. C’est un pays très pauvre et son économie survit grâce aux femmes et à la mode. Je respecte ça profondément, ça me touche. Ensuite, la Grèce m’attire également. Un ami à moi qui est chef là-bas m’a proposé de venir m’installer à Thessalonique, près des camps de migrants”, explique-t-il.

Crédits : Angelo Dalbo

Crédits : Angelo Dalbo

Des soutiens de toutes parts

Pour aider Food for Soul et ses initiatives dans le monde entier, Massimo Bottura peut compter sur le financement privé mais aussi et surtout sur son réseau international d’amis chefs. Ainsi, le restaurant du français Yannick Alleno organisait-il en septembre dernier un dîner caritatif pour une centaine de convives prêts à débourser 1800 euros par menu pour soutenir l’association.

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Mais que les foodies à plus petite fortune ne soient pas en reste : Massimo Bottura s’est offert les services de la maison d’éditions Phaidon pour publier des livres de recettes. Après son premier livre, Ne jamais faire confiance à un chef italien trop mince, Bread Is Gold vient de sortir : une occasion en or pour bien manger tout en apportant son soutien à une cause qui compte… et à ce chef aux milles et une idées.

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