Mieux vivre

Où en est l’urbaculture ?

En 2050, nous serons 10 milliards sur Terre, et la majorité des humains vivront dans les villes. Le territoire urbain devra profondément changer pour subvenir aux besoins de ses habitants. Où en sont l’urbaculture et les solutions disruptives qu’elle propose depuis quelques années ? Petit état des lieux des initiatives qui marchent, des questions en suspens et des usages futurs qui feront des villes les greniers de demain.

L’urbaculture dans l’histoire

Les jardins suspendus de Babylone, l’une des sept merveilles du monde, pourraient être considérés comme la première initiative de culture urbaine. Au VIe siècle avant Jésus-Christ, sur les territoires anciens de l’Irak et de la Syrie, on cultivait en effet des légumes dans les villes. A l’époque, les territoires choisis pour la construction des villes offraient principalement des sols plats, qui facilitaient l’érection des bâtiments. Et les cultivateurs voyaient un avantage commercial certain à produire là où un vivier de bouches à nourrir résidait. Pour autant, malgré ce prometteur précédent historique, politiciens, entreprises et urbanistes ont cantonné pendant des siècles la responsabilité de nourrir la population aux campagnes.

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Cette tradition a considérablement oeuvré à la spécialisation de nos territoires, divisant et parfois même opposant l’urbain et le rural. Il faudra tout de même attendre 1978 pour que le terme d’urbaculture soit inventé ! Dérivant de la permaculture, le terme englobe, selon un article de Consoglobe,  à la fois “un mode d’agir et un art de vivre mêlant culture de la terre, habitat et aménagement du territoire”.  D’après une étude de la FAO conduite en 2014, l’agriculture urbaine et périurbaine fournit d’ailleurs de la nourriture à près d’un quart de la population mondiale.

Dans les pays du Sud, la pratique de l’urbaculture est parfois aussi un recours pour survivre.

Depuis la fin du XXe et en ce début de XXIe siècle, l’urbaculture apparaît donc à nouveau comme une solution durable pour faire face à l’appauvrissement des sols ruraux, mais aussi à la surpopulation de la planète.

Des solutions adaptées à des contextes variés

Chaque contexte géographique a ainsi généré ses propres solutions en matière d’urbaculture. A Séoul, on met à contribution les parcs municipaux afin d’y aménager des parcelles cultivables et à Vancouver, on a planté plus de trois cent arbres fruitiers. A Paris et en Ile-de-France, on note une myriade d’initiatives, parmi lesquelles La Recyclerie dans le XVIIIe arrondissement et le programme de fermes en ville “le vivant et la ville” à Versailles. Dans les pays du Sud, la pratique de l’urbaculture est parfois aussi un recours pour survivre. La capitale colombienne, Bogota, recense ainsi quelques 10 000 agriculteurs urbains. A Cuba, ce sont plus de 50 % des produits frais consommés à la Havane qui sont cultivés sur place.

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Cette mutation des villes s’accompagne d’un changement d’aménagement. Pour faciliter l’urbaculture, on préconisera des murs végétaux, des cultures sur toits d’immeubles ou encore des jardins partagés qui deviennent les biens publics des communautés de voisinage, et rappellent celles des hippies.

L’hydroponie, dans laquelle le sol est remplacé par un substrat inerte de solutions nutritives est devenue l’une des techniques de base pour les fermes verticales qui essaiment dans les villes denses et connectées.

Mais l’innovation promue par l’urbaculture provient surtout du fait que l’on n’a plus besoin de cultiver dans la terre. Pour optimiser l’espace de culture et augmenter les rendements, de nouvelles techniques ont vu le jour. Parmi elles, on compte l’hydroponie, dans laquelle le sol est remplacé par un substrat inerte de solutions nutritives (minéral ou végétal) et qui est devenue l’une des techniques de base pour les fermes verticales qui essaiment dans les villes denses et connectées.

La verticalité, l’innovation de rupture qui transformera les villes

À Chicago, l’un des plans défendus par l’urbaniste-entrepreneur John Edel pour lutter contre l’abandon des vieux entrepôts et immeubles est de les convertir en fermes verticales en utilisant des techniques d’aeroponie (similaire à l’hydroponie, sauf que l’on y injecte de l’air pour la croissance des végétaux en cultures). C’est sans doute la solution qui risque de s’imposer de manière durable dans l’environnement urbain. La ferme verticale peut s’adapter à plusieurs échelles et donc aux besoins d’un quartier, d’un arrondissement ou d’une ville entière.

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C’est d’ailleurs ce qui a inspiré le designer français Damien Chivialle, qui a imaginé une ferme verticale mobile, née de la fusion entre un aquarium et une serre et qui occupe seulement la superficie… d’une place de parking. Cette initiative, nommée “Urban Farm Unit”,  a un potentiel certain : un container peut contenir 160 plants et nourrir une dizaine de personnes, selon l’estimation de Chivialle.

La ferme verticale peut s’adapter à plusieurs échelles et donc aux besoins d’un quartier, d’un arrondissement ou d’une ville entière.

Le processus de culture est basée sur l’aquaponie, un dérivé de la pisciculture et de l’hydroponie. Cette technique permet de filtrer les eaux usées de la culture grace aux poissons : chaque unité de culture est donc un circuit fermé et vertueux. Et cerise sur le gâteau les unités sont empilables… ce qui fera gagner des mètres carrés aux villes désireuses de parier sur l’avenir.

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