Mieux produire

Smart Farming : la prochaine révolution agricole ?

La révolution digitale est bel et bien arrivée dans nos champs. La ferme de demain sera intelligente, résiliente et responsable. Les chantres du « smart farming » affirment en effet que l’agriculture connectée permettra de faciliter le quotidien de l’agriculteur, d’améliorer le rendement des cultures et de réduire l’empreinte carbone des exploitations. Capteurs, drones, bionanotechnologies et Big Data : comment le numérique est-il en train d’accoucher de pratiques agricole durables et pérennes ?

Le point avec Stéphane Marcel, Directeur Général de SMAG, pure-player de l’IT agricole qui édite depuis 15 ans des solutions logicielles et applications mobiles high-tech pour accompagner les acteurs de la filière dans le pilotage raisonné et la transition 3.0 de leurs exploitations.

Un contexte et un métier de plus en plus complexes

Dans un contexte instable, avec des enjeux de taille (alimentaires, sociaux, économique et environnementaux), l’agriculture aujourd’hui cumule deux révolutions : la révolution digitale et la révolution organisationnelle avec notamment la création de mégastructures en France et en Europe . Ces mutations imposent au secteur une compétitivité accrue et complexifient le métier.

La ferme devient une structure connectée, dotée de milliers de capteurs collectant quantité de données qu’il faut savoir exploiter.

Soumis à une réglementation de plus en plus drastique, l’agriculteur doit se réinventer en chef d’entreprise polyvalent et trouver impérativement un équilibre entre la production, les performances économiques, les nouvelles demandes consommateur et la préservation environnementale. Pour produire plus et produire mieux, l’agriculteur a besoin d’innovations techniques et organisationnelles qui l’aident à gérer son exploitation et à prendre les bonnes décisions.

SmartAgriculture

Le smart farming : une agriculture high-tech de précision pilotée par la data

Le smart farming va au-delà de « l’agriculture de précision ». Il intègre les nouvelles technologies du numérique pour appliquer « le bon traitement au bon endroit et au bon moment ». La ferme devient une structure connectée, dotée de milliers de capteurs collectant quantité de données. Des drones ou des satellites « scannent » les champs et mesurent en temps réel les indicateurs biologiques et physiques du terrain. Ces informations sont transformées grâce à des outils d’aide à la décision (OAD) en préconisations (diagrammes, cartes) pour adapter les traitements.

C’est la modulation intra-parcellaire : « Avant on injectait en une seule dose les apports (intrants) a priori nécessaires à la plante sur la totalité de la parcelle : eau, engrais, produits anti-ravageurs. Aujourd’hui avec la télédétection on identifie-photographie le besoin de chaque plante et les zones de variabilités de la parcelle. Ces observations sont traduites sur une carte d’application que nous envoyons depuis notre smartphone vers le tracteur. Celui-ci est doté d’un GPS et va donc épandre uniquement là où la plante en a besoin, au cas par cas. » Mesure, conseil, application : le triptyque clé de cette révolution agricole où l’exploitation des données permet une meilleure expertise agronomique pour dessiner un système agricole plus intelligent, prédictif et durable.

SMAG1

L’agriculture « smart » : une agriculture pérenne et durable, des bénéfices pour tous

Depuis 2008, le smart farming commence à s’étendre à toutes les filières, aux petites comme aux grandes exploitations, grâce à un coût minime, vite amorti : « Les outils SMAG coûtent en moyenne 350 euros/an à un agriculteur et nos mesures en Europe ont montré qu’une exploitation full smart agriculture diminue de 40% son empreinte écologique et génère entre 50-150 euros à l’hectare de revenu supplémentaire ; en Asie, en fonction des cultures, on constate une progression de 20-30% du rendement. Cette révolution digitale porte un vrai enjeu sociétal et environnemental. Elle bénéficiera autant à l’agriculteur, à la société et à la planète, qu’au consommateur ».

L’agriculture de demain sera surtout de plus en plus prédictive.

En optimisant les process agricoles et le potentiel des cultures, on réduit la consommation (carburant, intrants) et les coûts, on gère et prévient les risques : on augmente ainsi la productivité horaire, on améliore les rendements mais aussi la qualité (la plante grandit dans des conditions idéales et contient un meilleur taux de protéines) et on protège l’environnement (moins de polluants rejetés dans la nature). Le quotidien de l’agriculteur est également facilité par le pilotage automatisé de ses machines. Cela lui permet de gagner en temps et en sérénité, de renouer, avec la vie de famille. Et in fine le consommateur mangera des produits éco-responsables plus sains ; mieux tracés et potentiellement moins chers : «On peut imaginer que le digital bouleversera aussi les circuits de distribution, en rééquilibrant le rapport producteurs / distributeurs et en permettant de consommer plus local. »

« Le futur de l’agriculture est clairement enclenché. »

L’agriculture est déjà high-tech : ferme communicante et digitale, consoles de tracteurs et autres capteurs connectés (station météo, pièges connectés, etc) interconnectés au logiciel de gestion de parcelles. Et l’essor des technologies Web et mobile va encore faciliter l’accès à la donnée – clé de la révolution agricole qui va étendre le champ d’application de ces outils technologiques : la réalité augmentée et des lunettes connectées permettront au futur agri-manager de réaliser en direct des comptages ou des détections de maladies (prototype que teste déjà SMAG) où les OAD l’aideront à faire exprimer dans ses sols le potentiel variétal de semences améliorées en laboratoire.

TracteurConnecté

L’agriculture de demain sera surtout de plus en plus prédictive : « Lorsqu’on aura une maîtrise affinée des données, algorithmes et modèles Big Data on va pouvoir faire apprendre à la machine, et imaginer prédire le rendement et la qualité des millésimes pour les vignes et vergers mais aussi pour les cultures annuelles ». Un modèle 4.0 interconnecté : « Si demain les agriculteurs utilisent ces mêmes solutions aux quatre coins du monde, on aura en temps réel une vision et une capacité d’agir en cas d’accident climatique ou sanitaire à tel endroit. » Producteurs en réseau, système mutualiste qui permettra d’enrichir les bonnes pratiques pour tous : Stéphane Marcel le souligne, le futur ne sera pas synonyme d’une agriculture extensive-intensive mais d’un modèle éco-qualitatif où l’humain et l’observation du terrain resteront indispensables et la technologie un outil-support, au service du mieux-produire et du mieux-vivre ensemble.

 

4 commentaires :

  1. de Lamarlière dit :

    Puisse cette smart agriculture se répandre en production animale…la bonne dose au bon endroit, au bon moment avec la bonne gestion du temps de travail grâce aux produits connectés !

  2. réault dit :

    pour la connexion nous n’avons pas le choix et aujourd’hui nombre d’agriculteur ont plus d’instruction que beaucoup de nos élus et en plus ils ont le savoir du terrain et la pratique de la vraie vie

  3. Pepin Degue dit :

    Le numérique reste, pour l’instant, aux mains des puissances de l’argent et échappe au contrôle des Etats. C’est le fameux septième continent de GAFA (Google , le cartographe ; Apple , le fournisseur d’applications ; Facebook , l’animateur social centralisé, et Amazon , le pourvoyeur de produits).

  4. SmartAgri dit :

    C’est vrai, aujourd’hui des solutions existent à portée de tous pour complémenter l’expérience terrain et rajouter traçabilité, outils d’aide à la décision, automatisation… Chez nous, on a installé un système COMSAG qui permet d’avoir un bilan des ressources en eau, démarre le pilotage d’irrigation, nous prévient du gel et de maladies… Ça ne remplacera jamais l’humain, mais c’est une aide très précieuse!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

e3bc10c5603480f35c15df4a41914e00

Pourquoi les frites sont-elles des « french fries » chez nos voisins anglo-saxons ?

Lire l'article
capture-decran-2016-10-13-a-13.40.22-810x436

Quand la patate se transforme en fromage, ça donne du chato !

Lire l'article
6932541_16147e1a-3416-11e7-8f2b-3cf2a2696ece-1_624x390

Wiki Village Factory : un projet collaboratif en plein Paris

Lire l'article